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Un gouvernement éphémère au Kurdistan iranien :

La république de Mahabad

Synopsis

la reconnaissance du droit à la différence ne doit pas aboutir à un cloisonnement fondé sur la langue, l'ethnie ou la religion.  le factionnalisme tribal, l'absence de facteurs d'unité illustre parfaitement l'impossibilité d'une hybridation entre un « état-importé » et les éléments spécifiques d'une société. Croire que la création d'un nouveau gouvernement ou d'un État-nation reposant sur l'appui d'une puissance étrangère, serait un moyen définitif pour supprimer la discrimination dans une société est une « illusion lyrique ». Le destin de la république de Mahabad en est témoin.  

Le 25 août 1941, l’Iran fut occupé par les forces de l’armée Rouge et par l’armée britannique. malgré le « pacte Germano-Soviétique », l'attaque des troupes allemandes contre l'URSS, nécessita une assistance urgente des États-Unis et de la Grande-Bretagne à l'URSS. la voie de l’Iran, la plus courte et la plus sûre, permit l’acheminement de cette aide à l’Union Soviétique.

En dépit de la neutralité de l'Iran, la présence de conseillers allemands en Iran fut un prétexte suffisant pour attaquer ce pays. la Grande-Bretagne occupa le sud-ouest de l’Iran, et contrôlait ainsi les champs pétroliers. L’armée Rouge occupa la partie nord et nord- ouest du pays. En outre,prétextant l'application de la loi du Prêt-bail, en août 1942,les militaires américains entrèrent aussi en Iran.

La région de Mahabad, au nord-ouest de l'Iran, une zone tampon entre les territoires occupés, laissée abandonnée et livrée à elle-même par le gouvernement iranien. au fur et à mesure que le gouvernement central s’affaiblissait, les tribus kurdes se dresser les uns contre les autresprovoquant les conséquences dramatiques.

En effet, la désintégration et le dysfonctionnement du gouvernement central, au Kurdistan et surtout au Mahabad, plus que le sentiment national ou même ethnique, incitèrent des mouvements des tribus. Profitant de cette situation les forces occupantes, chacune à sa manière, instrumentalisaient les ethnies iraniennes et interféraient dans les affaires internes d'Iran. la politique soviétique, par exemple, envers les Kurdes se caractérisait par trois étapes distinctives : une attitude négligente entre 1941-1942, une attitude autoritaire pour rétablir l’ordre et enfin l'instrumentalisation des Kurdes.

Les puits de pétrole au Kurdistan irakien aiguisaient toujours les convoitises de britanniques. Ils avaient pour but essentiel de bénéficier des puits de pétrole en Iran et en Irak, mais aussi de garantir la sécurité nécessaire pour mener à bien le ravitaillement de l’URSS. « Les puits de pétrole persans constituaient un élément de première importance dans la guerre » comme l’écrivait Winston Churchill. parallèlement, ils tentèrent d’empêcher toute union entre l’URSS et les Kurdes.

Le 29 janvier 1942, un traité tripartite fut signé entre l’Iran, la grande - Bretagne et l’URSS. Les deux pays occupant l’Iran déclarèrent que la présence de leurs forces sur le territoire iranien ne signifiait pas une occupation militaire.

En septembre 1942, une organisation clandestine nommée « Komala Jiyanewey kurde » (association pour la renaissance kurde) fut créée à Mahabad. Ensuite, en accord avec les Kurdes irakiens, le Komala adopta un drapeau tricolore pour le Kurdistan composé de trois bandes horizontales, rouge, blanche et verte (drapeau iranien pris à l’envers). Ensuite, un pacte nommé le « peymani Sé Senur » (pacte des trois frontières ou des trois frères), fut signé par les représentants kurdes des trois pays (Iran, Irak et la Turquie) pour créer le Grande Kurdistan.

les interventions des forces occupantes dans les affaires intérieures de l’Iran étaient fréquentes. Ils intervinrent aussi dans l'élection de la 14eme législature afin d’envoyer leurs partisans au Majles (parlement iranien).

Le 28 novembre 1943 à la conférence de Téhéran, les trois grandes puissances, dans une déclaration, s’engagèrent à accorder à l'Iran une aide économique et exprimaient la reconnaissance de l’indépendance et de la souveraineté de l’Iran, le respect de son intégrité territoriale et l'évacuation du territoire de ce pays au plus tard six mois après la fin de la Guerre.

Entre temps, plusieurs sociétés pétrolières occidentales demandèrent au gouvernement iranien l’octroi de concessions pétrolières. Devant l'opposition vive de députés, le gouvernement décida de suspendre les négociations d’octroi de concessions et ceci jusqu’à la fin de la guerre. De même, les demandes soviétiques des concessions pétrolières sur toutes les provinces septentrionales du pays furent-elles aussi repoussées. Ayant refusé la demande de concession pétrolière aux Soviétiques, le gouvernement iranien dut en subir les conséquences néfastes. La date de l’évacuation de l’Iran approchante, les Soviétiques se fixèrent pour objectif de donner une leçon au gouvernement iranien, de conserver leurs intérêts économiques et d’enraciner le communisme en Iran

Dans un premier temps, ils encouragèrent la création de parti Démocrate de l’Azerbaïdjan (PDA) sous la direction d'un vieux militant communiste nommé Jafar Pishévari.

Ensuite, en septembre 1945, les Soviétiques invitèrent une délégation de notables kurde, pour se rendre à Bakou afin de rencontrer Bagherov, le Premier ministre de la RSS d’Azerbaïdjan. Lors des négociations, Bagherov proposa aux kurdes de collaborer étroitement avec le PDA jusqu'à l'unification de tous les Kurdes de la région.  Mais devant la résistance de la délégation kurde, Bagherov donna la garantie formelle que les Kurdes seraient soutenus dans leurs revendications. Il leur promit aussi de satisfaire tous leurs besoins, qu’ils soient d’ordre militaire ou financier.

Pendant ce temps, Mostafa Barzani, un de chefs kurdes d'Irak, qui joua un rôle important dans l'histoire kurde, entra en Iran. En effet, depuis 1941, les relations entre l’opinion publique irakienne et les Britanniques furent tendues. Profitant de la situation, Barzani décida de s’évader de sa résidence surveillée, et de gagner le Barzan, une région montagneuse située entre les frontières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie. les Britanniques considéraient le soulèvement de Mostafa Barzani comme un danger pour les gisements de pétrole et certaines voies de communication, le menacèrent et lui demandèrent de se rendre. Mais Mostafa Barzani développa sa zone d’influence jusqu’à la frontière iranienne et les forces irakiennes se retirèrent au nord, pour autant que la région devint quasiment autonome. Le 7 octobre 1945, Barzan fut occupé par l'armée irakienne. Une semaine plus tard, Mostafa Barzani qui avait subi une série d’affronts tout au long de l’annéefut contraint par l'armée irakienne de se replier et entra en Iran.

À son retour à Mahabad, Qâzi Mohammed, un de notables kurdes, qui avait été devenu le leader du Komala, proposa à une centaine de membres de celui-ci, la création d'un parti semblable au PDA, nommé le parti démocrate du Kurdistan d'Iran (PDKI). La date de la création du PDKI suscite des différends entre historiens d'une part et partisans du PDKI et du Toudeh (parti communiste d'Iran) d'autre part. Ces deux partis situent ladite date en août 1945, alors que la plupart des historiens affirment que celle-ci, conséquemment à la visite de Bakou, se situe deux semaines après les entretiens avec Bagherov, donc en novembre 1945.

Dans un manifeste le PDKI, revendiqua les droits qui n’avaient jamais été respectés. Voici une synthèse des revendications du PDKI : 

Le peuple kurde d’Iran doit être libre et doit pouvoir jouir de sa liberté. Il doit administrer lui-même ses affaires locales et obtenir son autonomie dans le cadre de l’État iranien. De même, la langue kurde doit devenir la langue officielle au Kurdistan. Conformément à la loi constitutionnelle iranienne, un conseil provincial (Anjomane) doit être établi immédiatement pour le contrôle de toutes les affaires locales ; les fonctionnaires d’État dans la région du Kurdistan doivent être d’origine kurde.  afin d'assurer l'avenir des propriétaires fonciers et des paysans, une seule loi doit être adoptée pour concilier leurs intérêts. De même, le PDKI doit travailler à l’amélioration de la santé et des conditions économiques du peuple kurde. De plus, le parti doit veiller à rester en complète harmonie avec le peuple d’Azerbaïdjan et ses minorités, comme les Assyriens ou les Arméniens. Enfin, le PDKI doit maintenir la liberté d’action politique des peuples vivant en Iran, afin de développer le bien-être de son pays.

le 10 décembre 1945, Tabriz (la capitale de l'Azerbaïdjan de l'Est) tomba entre les mains du PDA, qui déclara un gouvernement autonome. ce qui constitua un signal d’alarme pour Qâzi Mohammed : il fallait proclamer l’indépendance du Kurdistan et surtout ne pas se soumettre au gouvernement autonome de l’Azerbaïdjan.

Ainsi, le 22 janvier, dans le cadre d'un grand meeting à Mahabad, Qâzi Mohammed, vêtu d’un uniforme de général russe, mais avec un turban qui lui confiait une aura religieuse, proclama l’instauration de la République Kurde. La République porta différents noms : État indépendant de la République du Kurdistan, Gouvernement autonome du Kurdistan, Gouvernement national du Kurdistan et enfin République de Mahabad. Après quelques jours, le journal « Kurdistan » publia les noms des ministres qui composaient le gouvernement de cette République. Il est intéressant de noter qu'on désigna aussi des ministres des Affaires Étrangères et de la Guerre.

Le territoire de la République était exigu et englobait les villes de Mahabad, Naghadeh, Boukan et Oshnovieh. les chefs de tribus gouvernaient leur propre portion de territoire, sans tenir compte des directives de Mahabad. la sécurité était une grande préoccupation pour Qâzi Mohammed ce qui le conduisit à organiser « l’armée de Mahabad » dont Mostafa Barzani fut l'un des généraux.

Quant à Qâzi Mohammed, né en 1900, il était le fils de Qâzi Ali ayant la réputation d'un savant qui enseignait la théologie sunnite. Après la mort de Qâzi ali, sur la proposition du commandement militaire de la région, Qâzi Mohammed fut nommé juge par un décret de Reza Shah.  La famille de Qâzi Mohammed a toujours bénéficié d'une situation à part à Mahabad. Plusieurs de ses membres étaient juges (Qâzi) traditionnels. De là vient l’origine de leur nom de famille. Par sa mère, Qâzi Mohammed était lié à la tribu Fizollabeygui et par son père, il hérita du respect religieux et confrérique. Il possédait une culture et des connaissances plus élevées que ses concitoyens.

Qâzi était homme de dialogue et fervent musulman, il était bon orateur, réputé pour ses bonnes relations avec les étrangers et en particulier avec les Américains. Il n’accordait jamais sa confiance aux chefs de tribus. Ses contacts avec la grande - Bretagne restaient ambigus. Une fois au pouvoir, manquant de cadres expérimentés, d’assistance et de solidarité à l’intérieur du Kurdistan, Qâzi pensait que le seul moyen d’obtenir l’indépendance du Kurdistan, se trouvait dans la politique soviétique. Otage de la politique soviétique et des chefs de tribus, Qâzi était séduit par les Russes et en même temps les craignait. Il fut aussi fasciné par un jusqu’au-boutisme nationaliste, non séparatiste. S’il était certainement ingénu, il incarnait néanmoins l’image d’un homme respectable, même pour ses ennemis.

 Qâzi Mohammed était également méfiant à l’égard du gouvernement autonome d’Azerbaïdjan. contrairement au PDKI et au gouvernement de la République, la majorité du PDA et du gouvernement d’Azerbaïdjan se composait d’éléments issus des classes laborieuses et non de chefs tribaux. Tout séparait en effet ces deux gouvernements et ceci remontait bien avant l’ère de l’autonomie. Les conflits territoriaux aggravèrent les divergences entre les deux gouvernements.  Ainsi, l'URSS les invita à résoudre le problème. La négociation aboutit à un traité d’amitié et d’alliance entre le gouvernement autonome de l'Azerbaïdjan et la République d’une durée de 20 ans. à Téhéran, le gouvernement montra une vive préoccupation face à la dégradation de la situation, résultat immédiat des agissements de ses deux provinces en qualité d’États souverains. Après la capitulation d'Allemagne,en dépit des engagements officiels, les Soviétiques montraient peu d'entrain à évacuer l'Iran. Les Britanniques et les Américains eurent une attitude assez conciliante vis-à-vis de l’URSS sur cette question.

Le 19 janvier 1946, la délégation iranienne à l’ONU déposa une plainte, auprès du  Conseil de Sécurité dénonçant la présence injustifiée des Soviétiques et leur ingérence dans les affaires intérieures iraniennes. Quelques jours après, le Majles investit Ahmad Qavâm-al-Saltaneh (1873- 1955) un vétéran de la politique iranienne, comme Premier ministre. il partit pour Moscou afin de trouver une solution. Après des entretiens avec Staline et Molotov, Qavâm quitta Moscou sans obtenir de résultats définitifs. mais il fut convenu entre les deux parties que la négociation serait poursuivie par le nouvel Ambassadeur soviétique à Téhéran.

Après son retour, Qavâm ordonna au chef de la délégation iranienne à l’ONU de faire suivre la plainte devant le Conseil de Sécurité malgré les conseils de l’URSS l’invitant à ne pas le faire. le 28 février 1946, le retrait des troupes britanniques et américaines de l'Iran fut terminé.

Le 4 avril 1946, le nouvel Ambassadeur soviétique, Sadtchikov, signa un protocole d’accord avec Qavâm, précisant l'évacuation de l'Iran dans un délai d’un mois et demi à partir du 24 mars 1946 ; la création d’une société mixte pétrolière dont les conditions seront présentées (au plus tard sept mois à partir du 24 mars), à la 15eme législature du Majles pour qu’elle le ratifie ; et enfin la reconnaissance de l’affaire de l’Azerbaïdjan comme une affaire interne à l’Iran .

Comme la loi votée le 11 octobre 1945 interdisait toute nouvelle élection tant que les forces occupantes n’auraient pas évacué l’Iran, Qavâm profita du deuxième point de l’accord pour convaincre les Soviétiques d’évacuer l’Iran le plus tôt possible afin qu’ait lieu l’élection et la constitution de la société pétrolière.

La signature de l’accord du 4 avril 1946, sonna le glas des gouvernements de l’Azerbaïdjan et de la République de Mahabad.

Qavâm avait ouvert plusieurs canaux de communication avec Pishévari. Ainsi, celui-ci, en réponse de l'invitation de Qavâm, arriva à Téhéran le 28 avril avec une délégation de six membres. mais, les négociations n’apportèrent aucune solution. Qavâm décida de dépêcher une délégation à Tabriz.  Le 13 juin, un accord en 15 points fut signé entre les deux parties. Rien ne mentionnait l’autonomie du Kurdistan, ni même la création d’un conseil départemental, bien que les représentants de la République eussent participé à certaines négociations.  Selon l’article 10, la région de Mahabad devint une partie intégrante de l’Azerbaïdjan, et Seif Qâzi (cousin de Qâzi Mohammed) fut désigné par le gouverneur Général de l'Azerbaïdjan comme gouverneur de Mahabad.

deux jours après la signature de l’accord, le Conseil régional du Khouzistan, méconnu jusqu’à ce jour, demanda dans un télégramme à Qavâm, les mêmes avantages que pour l’Azerbaïdjan. quelques jours après, certains Cheikhs arabophones de la province Khouzistan demandèrent aussi l'indépendance de celle-ci ou une annexion à l’Irak.

en juin 1946, le Parti Démocrate d’Iran (PDI) fut créé par Qavâm dont le programme ne fut pas moins progressiste que celui du Toudeh ou du PDA. En réalité, c’était une contre-offensive face au PDA, au PDKI et au parti Toudeh. En même temps, Qavâm utilisa le levier du PDI pour montrer les griffes au Shah, à ses généraux et aux anciens Alliés. Qavâm remania aussi son gouvernement pour y faire entrer trois membres du Toudeh.

Au mois septembre, un mouvement tribal anticommuniste nommé « Mouvement National de Fârs », prit de l'ampleur au sud de l'Iran et les activités des éléments religieux, militaires et conservateurs s’accélérèrent. Mais, après avoir négocié avec le chef MNF, Qavâm accepta d’accorder certains privilèges semblables à ceux accordés à l’Azerbaïdjan. Ceci provoqua une divergence entre Qavâm et le parti Toudeh. Ainsi, Qavâm présenta au Shah un nouveau cabinet sans participation des membres du parti Toudeh.

pour commencer les élections, Qavâm envoya un télégramme au gouverneur général d’Azerbaïdjan et à Qâzi Mohammed, afin qu’ils facilitent l’arrivée de l’armée iranienne. Malgré l'opposition des Démocrates d’Azerbaïdjan, Qavâm lança une offensive contre eux. le 12 décembre 1946, l’armée i impériale s’empara de la ville de Tabriz.  Les Soviétiques cédèrent en espérant que l’élection apporterait les résultatsdésirés en l’occurrence la ratification de l’accord pétrolier.

Au Kurdistan, Qâzi Mohammed invita un « conseil de guerre », à réfléchir à une guerre éventuelle. Une résolution, destinée à la résistance armée fut adoptée. Mais quelques jours après, Qâzi Mohammed et les autres dirigeants de la République se postèrent à l’extérieur de Mahabad pour accueillir l’armée iranienne et lui offrir la capitulation de la ville.  Par suite, le commandant de l'armée impériale, à Mahabad convoqua Qâzi Mohammed et d'autres dirigeants de la République, et exigea le règlement des problèmes de désarmement des hommes et la livraison des armes reçues des Soviétiques. Mais ses exigencesne furent pas satisfaites. En sortant de l’immeuble, tous les Kurdes furent arrêtés, c’était un coup sévère asséné par l’armée aux dirigeants kurdes.

Vers la fin du mois de décembre, un tribunal militaire d’exception eut Mahabad comme siège de sa juridiction. Des peines de mort furent requises à l’encontre des Qâzi (Seif et Sadre Qâzi).

Le 23 janvier 1947, le tribunal militaire spécial prononça le jugement de condamnation des accusés. Les trois Qâzi furent condamnés à la peine de mort. Ce jugement fut confirmé en appel. Un soir, toutes les dispositions étant prises par l'armée pour éviter une émeute des habitants du Mahabad, les Qâzi furent exécutés après minuit. 

Mostafa Barzani et les fidèles qui l’accompagnaient voulaient se mettre à l’abri en URSS, qui était le seul endroit où ils se trouveront en sécurité. Ainsi, les Barzani, après une série d’escarmouches, avec l'armée iranienne, irakienne et turque reculèrent vers l’URSS.

le parti Démocrate crée par Qavâm remporta à une majorité écrasante auxélections législatives. Qavâm présenta son cabinet au nouveau Majles avec un programme progressiste, du moins sur le papier.

dans une résolution le Majles demanda au Premier ministre de préparer un rapport détaillé sur le rendement du gouvernement. Mais celui-ci était sous la pression des Soviétiques pour une ratification rapide de l’accord pétrolier. Ainsi, le 22 octobre 1947, après le rapport de Qavâm au Majles, devant la violence de l’opposition, celui-ci se laissa aisément convaincre et ratifia un article unique à une majorité écrasante stipulant que l’accord Qavâm-Sadtchikov devint caduc. le gouvernement soviétique protesta vivement et qualifia la décision du Majles de discriminatoire à l’égard de l’URSS.

 pour connaître les causes de l'effondrement de la République, il convient avant toute chose de lever les ambiguïtés et les antinomies que répandirent les études sur le problème kurde, qui  ont saisi ce dernier comme un bloc monolithique. La diversité de la société kurde dans les différents pays est une réalité éminemment plus nuancée.  Le problème kurde, en Irak et en Turquie, est lié à la construction d’entités politiques et d’États modernes, ou plutôt à la construction d’« un peuple nouveau ». En outre, les Kurdes ne sont liés ni par la langue, ni par l’ethnie aux États irakien, turc, syrien et bien évidemment à la Russie. 

En Iran, aucun espace ethnique ne fut occupé par la force ; ainsi, c’est un des rares pays dans lequel chaque région a le nom de l’ethnie qui y habite et ceci, depuis la nuit de temps.

Au contraire de la Turquie et de l’Irak arabe, le mot d’Iran au sens littéral ne correspond à aucune race ou ethnie. C’est pourquoi les démarches similaires à la turquisation ou à l’arabisation forcée furent vaines. Ainsi, les Turcs ou les Irakiens ont choisi une « logique ethnique » qui aboutira tôt ou tard à une sorte d’épuration ethnique ; tandis que l’Iran a préféré, au long de son histoire une « logique culturelle » aboutissant à une coexistence. En Iran l’aptitude de peuple, de tribus, que les hasards de l’histoire ont placés côte à côte, à s’accepter mutuellement ou à se regrouper pour faire face aux défis des étrangers. 

En acceptant cette logique la loi constitutionnelle iranienne de 1906 et de 1907, n'avait pas désigné une langue officielle. Conformément à l’histoire de l’Iran, cette loi maintenait la cohésion des diverses régions et ethnies, basée sur un système décentralisé. La constitution fut un rempart contre le danger de la centralisation. Mais Reza Shah, centralisateur à tous crins, devint l’adversaire acharné de l’application de la Constitution et fit prévaloir « la raison d’État » sur la « logique des réalités ». Il existe des causes internes et externes à l'effondrement de la République.

Du côté interne :

I-  La société iranienne  : Les Démocrates kurdes, bénéficiaient de la sympathie des autres ethnies iraniennes. Mais le PDKI restait enfermé dans une coquille de chauvinisme local ne laissant aucune place aux forces démocratiques. Manque de solidarité nationale et immaturité des dirigeants, privèrent les Kurdes de la sympathie des nationalistes.

II- La société kurde : Les différences internes à la société kurde s’évertuent toujours à  la désunir. Les différences à l’intérieur de la société kurde tendaient plus que jamais à la diviser. Soulignons le bipolarisme des organisations issues du Kurdistan : un pôle formé par des intellectuels citadins, l’autre pôle étant constitué par les chefs des tribus et les religieux. Les autres différences telles que les clivages sociaux dans la société kurde sont évidentes aussi. L’absence de Kurdes Chi’ites dans l'avènement de la République révèle un des clivages internes. Si la majorité des Kurdes est concentré au Kurdistan iranien, on en compte tout de même de nombreux noyaux kurdes dans les quatre coins de pays.Et pourtant, ces Kurdes ne participaient d'aucune manière à l'avènement de la République.

En outre, le conflit entre les chefs de tribus et le gouvernement de la République illustre parfaitement l’impossibilité d'une l’hybridation entre un « État importé » et les éléments spécifiques du Kurdistan.

Les causes externes

Le rapport entre l’URSS et la République était en fait du clientélisme. le soutien des anglais et des américains au gouvernement central neutralisa les Soviétiques. En outre, les Kurdes des autres pays furent curieusement absents de la coopération ou du soutien à la République.

 

 

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